POUR UNE REPUBLIQUE HUMANISTE ET FORTE
(de A à …)
Philippe BENSAC
Déjà publié (2007) : Regards croisés sur la France d’après (coécrit avec J.M PINON)
Hommage aux Humanistes modernes
« Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l'homme, le respect des autres êtres avant l'amour-propre. Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui. »
Claude Lévi-Strauss
« Cet humanisme intégral qui se tisse autour de la Terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillent à la chaleur complémentaire. »
Léopold Sédar Senghor
« On ne fonde en soi l'être dont on se réclame que par des actes. Un être n'est pas de l'empire du langage, mais de celui des actes. Notre humanisme a négligé les actes. »
Antoine de Saint-Exupéry
Prologue
Condition humaine
La question politique de la « centralité de la condition humaine » m’est apparue très tôt, dès mon adolescence. Malraux est passé par là, dès le collège.
De ce fait, mes actes, mes engagements ont pris un sens concret : agir pour le progrès de la condition humaine dans « la Cité », la société pour actualiser le propos.
Choix particulier. Choix personnel de vie mais aussi choix du combat collectif pour défendre ou promouvoir les valeurs « humanistes », écarter le vil pour mieux rechercher le sublime de l’Homme, ici et maintenant.
Dans quels buts ?
La symbiose universelle de Senghor, l'humilité respectueuse de l'Homme face à la nature et à lui-même de Lévi-Strauss...
Par quel moyen ?
L'Acte Humaniste de Saint-Exupéry.
Humanisme d'action
Mon Humanisme consiste ainsi à placer la condition de l'Homme au centre du débat politique et à agir pour le progrès de la Société, l'amélioration des liens entre les êtres.
Concevoir, discuter et voter les lois républicaines, dont la première d’entre elle, la Constitution Républicaine Universelle, voilà l'Acte que je souhaite poser pour contribuer à la progression de l'Humanisme.
En ce sens et selon une définition par les contraires, la finalité de l’Humanisme n’est pas la suprématie de l’Homme sur le Vivant et le Monde, ni celle de l’individu sur la communauté, encore moins celle de la théorie sur la pratique.
L’Humanisme doit, par conséquent, être distingué de l’humanitarisme, doctrine exclusive de tout rapport de l’homme à son environnement, naturel ou social.
Comme Sartre, je fais de l'Homme la finalité de la pensée politique car il n'est rien d'autre que son projet et ses actes, tant individuellement que collectivement, mais, en contradiction, je soutiens que l'enfer nait et se développe dans l'intimité du peuple ou du citoyen quand chacun renonce à sa dignité respective.
Alors, pour ne pas insulter l’avenir du Monde selon la définition de Claude Lévi-Strauss, l’Homme doit s’organiser en sociétés civilisées, dignes au présent et respectueuses des temps futurs afin de donner une chance puis un sens à « l’Après ».
L’Humanisme constitue ainsi le symbole d’une chaîne virtuelle de consciences formées au fil des temps pour prolonger le Monde et son universalité.
Si la valeur Humaniste consiste à placer l’Homme au cœur de toute réflexion, décision et action dans le respect des environnements préexistants, les questions du mouvement et du sens viennent dans la foulée.
Penser en humaniste est une posture, agir en humaniste est un défi.
Pourquoi ?
Parce que l’Humanisme n’est pas naturel, pas inné. C’est une culture, un acquis de notre civilisation. Je devrais d’ailleurs plutôt exprimer le fait que c’est un sens à acquérir, ou à développer dans le meilleur des cas.
L’Humanisme serait un peu ce sixième sens, quintessence des 5 autres, une sorte d’intuition altruiste et progressiste dont chaque individu pourrait se doter par la formation et la volonté.
Cet ouvrage a pour vocation de proposer quelques pistes concrètes, au quotidien, et à plus long terme des moyens de faire advenir le temps de l’Humanisme, afin de prolonger celui de l’Humanité.
Pourtant l'Humanité n'est rien d'autre qu'une branche singulière de l’évolution des espèces animales au sein du « vivant », maintenant composée de sept milliards d’individus.
« respect, solidarité, dignité »
Etre Humain ne devrait donc pas noblement signifier que nous sommes (faussement) à la cime de l’arbre du « vivant » mais plutôt exprimer notre capacité et volonté à tenter en permanence d’institutionnaliser le « Respect » mutuel, la « Solidarité » émancipatrice et la « Dignité » universelle.
Dès lors, on peut s’interroger sur la pertinence de notre devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ».
Non pas que ces mots et les valeurs qu’ils emportent ne soient des buts absolus, mais force est de constater que, comme les mirages du désert, lesdites valeurs fuient à mesure que l’on tente de s’en approcher. Elles font progresser l’Homme à long terme mais ne permettent pas d’alléger quotidiennement l’individu du poids de sa condition humaine.
Ainsi, point de liberté sans le préalable du respect mutuel des individus et groupes constitutifs d’une société, d’autant que la société humaine est devenue globale. Se sentir respecté amène immédiatement à la sensation de liberté.
Je préfère, en outre, pour supporter la Liberté, la notion de « Respect mutuel » à celle de tolérance qui me semble emprunte d’une certaine condescendance du tolérant sur le toléré.
De même, l’Egalité qui n’a jamais eu d’autre sens politique que celui de l’égalité des droits, ne peut se nourrir que d’une « Solidarité émancipatrice », c'est-à-dire une compensation collective temporaire des déficits individuels pour rendre ou permettre l’autonomie. Là encore, si la « Solidarité émancipatrice » doit amener à l’autonomie des individus, ces derniers doivent faire preuve de responsabilité en contrepartie.
Enfin, la « Dignité universelle » constitue le plus beau moyen d’atteindre le concept connoté de fraternité. Comment, en effet, prétendre à un lien universel de sang (rouge pour toute l’Humanité), si la société n’offre pas institutionnellement les voies vers la dignité, c'est-à-dire le respect, la protection et le développement de l'intégrité physique et mentale de l'Etre, de son intimité ainsi que de son identité ?
Une République substituant les moyens aux fins serait moins utopiste et, par conséquent, plus efficace, plus forte.
Nouvelle république
Cet essai a pour vocation de proposer une nouvelle République, toujours fondée sur la Liberté, l’Egalité et la Fraternité, valeurs intemporelles et universelles s’édifiant sur le triptyque de valeurs plus opérationnelles constitué par le Respect, la Solidarité et la Dignité, l’ensemble définissant une sixième « République Humaniste et Forte ».
Désireux de diffuser cette réflexion auprès d’un large public, j’ai choisi la formule de l’abécédaire qui permet de rapides consultations comparatives dans l’hypothèse de débats que je compte déclencher ou nourrir à l’occasion des élections législatives 2012, plan autorisant également une multiplicité d’entrées en fonction de l’appétence de chaque lecteur pour une spécificité de la « res publica », la chose publique, forme élaborée latine de la « polis » grec (la Cité/Société), du « politeion » (Cadre institutionnel de la Société) et la « politeia » (mesures de gouvernement).
L’Abécédaire
L’alphabet français compte vingt six lettres ordonnées, mais les mots clés de la politique que j’ai retenus n’obéissent pas à ce code intangible de notre langue. Certaines lettres ne sont donc pas au rendez-vous de cet abécédaire alors que d’autres foisonnent de substantifs. Mais tous les mots choisis m’ont servi de fil conducteur pour vous proposer une réflexion la plus complète et cohérente possible.
Vous constaterez également que la langue française offre des hasards ou des logiques de regroupements alphabétiques surprenants, qui, je l’espère pimenteront votre lecture.
Ne souhaitant pas réaliser une encyclopédie, j’ai filtré chacun des 33 termes au tamis des trois principes de la République Humaniste et Forte sus exposés : « Respect, Solidarité, Dignité ». Il en ressort un catalogue d’idées reliées par ce qui reste pour moi la Vérité de notre temps, l'Acte Humaniste hic et nunc.
A SUIVRE... LETTRE T COMME TRAIN (pour coller à l'actualité mais tout sera dans l'ordre lors de la publication)